Le long métrage Un Cœur meurtri est annoncé pour une projection officielle le 28 mars 2026. Fruit de la collaboration entre Le Journal d’Émeraude et Blessed AFAM Production, une maison de production nigériane, le film marque une étape importante pour la scène cinématographique gabonaise et met en avant l’acteur ghanéen Majid Michel, participant à ce projet identitaire et régional.
La question cruciale demeure toutefois : où le film sera-t-il projeté ? L’annonce, publiée le 4 mars 2026 via les réseaux sociaux par la réalisatrice Martine Lomba, exprime une profonde fierté mais ne précise pas le lieu exact de la projection. Cette omission alimente l’interrogation sur l’infrastructure disponible au Gabon pour accueillir un tel événement.
Le Gabon souffre d’un manque criant de salles de cinéma. Sans véritable salle moderne, certaines projections culturelles se tiennent occasionnellement à l’Institut Français du Gabon, espace culturel régulièrement sollicité. Autrefois, le Cinéma Le Komo accueillait des manifestations majeures, mais il n’est plus opérationnel aujourd’hui. Dans ce contexte, le cinéma gabonais demeure vulnérable face à une dynamique créative locale et internationale qui progresse.
À ce stade, aucune annonce officielle n’indique la construction d’une salle de cinéma nationale ou d’un grand théâtre moderne. Le commentaire récent du ministre de la Culture, lors de Gabon 24, sur ses cent premiers jours, ne mentionne pas de projet concret d’infrastructures dédiées au septième art. Cette absence est présentée comme un frein au développement du cinéma gabonais et à la visibilité des productions locales et africaines.
La perspective de la sortie de Un Cœur meurtri peut relancer le débat sur l’installation d’infrastructures culturelles dignes de ce potentiel. Certains estiment que les professionnels du cinéma, via des cartes professionnelles et une action coordonnée avec le ministère de la Culture, pourraient réclamer la création d’un espace consacré à la projection de films gabonais et africains. Au-delà d’un simple lancement, l’événement apparaît comme une opportunité de créer un tournant dans l’écosystème du cinéma gabonais et d’appeler à une réflexion publique sur les investissements nécessaires.
Au Gabon comme ailleurs, la question demeure : comment faire vivre le cinéma local lorsque l’infrastructure fait défaut ? Le 28 mars sera un moment de fierté nationale et panafricaine, mais il rappellera aussi l’urgence d’un cadre nécessaire pour soutenir durablement les productions gabonaises et africaines.




