Le Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) rappelle, dans un post publié sur sa page Facebook le 30 janvier 2026, l'importance de gestes simples et répétitifs pour limiter la propagation du paludisme. L'appel, inscrit dans une démarche de sensibilisation de masse, met en avant des mesures de prévention individuelles et communautaires destinées à réduire l'exposition aux moustiques vecteurs.
Parmi les recommandations mises en avant : l'utilisation systématique des moustiquaires imprégnées, surtout la nuit ; l'élimination des eaux stagnantes autour des habitations ; le maintien d'un environnement propre ; le port de vêtements couvrants en soirée ; et la consultation rapide en cas de fièvre. Le CHUL rappelle que ces gestes complètent l'action des structures sanitaires.
La logique sanitaire est élémentaire : les anophèles pondent leurs œufs à la surface d'eaux stagnantes ou quasi-stagnantes, ce qui fait de la gestion des points d'eau un levier de prévention. Des sources spécialisées soulignent que le contrôle des étendues d'eau et la maîtrise du réseau hydrographique naturel permettent, en supprimant les lieux de ponte, d'agir à la source sur la population de moustiques.
Toutefois, l'impact des actions varie selon l'échelle. Le micro-assainissement domestique — curage de petites mares, élimination des eaux usées à l'échelle d'un foyer ou d'un quartier — a généralement un effet limité sur la dynamique globale des cas de paludisme. Il reste néanmoins utile pour sensibiliser les populations et améliorer les conditions de vie au quotidien.
À l'inverse, les grandes opérations d'assainissement (curage des cours d'eau, construction de réseaux d'évacuation des eaux pluviales et usées) relèvent de politiques publiques de développement. Ces interventions exigent des moyens financiers et logistiques souvent supérieurs aux ressources allouées spécifiquement à la lutte antipaludique, ce qui pose la question de l'arbitrage budgétaire et de la coordination institutionnelle.
Le message du CHUL s'inscrit aussi dans un constat épidémiologique : selon les professionnels de santé, le paludisme demeure l'une des principales causes de consultation et d'hospitalisation au Gabon, notamment chez les enfants et les femmes enceintes. De ce fait, la prévention individuelle doit s'accompagner d'une mobilisation collective.
Des expériences régionales confortent cette logique. Au Sénégal, des acteurs locaux et élus ont souligné que l'élimination du paludisme passe d'abord par les quartiers, villages et communes, et que sans implication renforcée des collectivités territoriales la couverture des actions restera insuffisante. Les défis pointés incluent la gestion des eaux stagnantes, l'insuffisance des infrastructures d'assainissement et la portée limitée des campagnes de communication.
En synthèse, la communication du CHUL insiste sur une combinaison de mesures : pratiques individuelles de protection, micro-assainissement à visée sanitaire et éducative, et investissements publics pour traiter les causes structurelles. La lutte contre le paludisme apparaît ainsi comme une action sanitaire qui déborde les seules structures hospitalières et appelle une co-responsabilité entre populations, autorités locales et décideurs publics.




