Tensions à la Grande Loge du Gabon avant l’élection
Politique3 min de lecture

Tensions à la Grande Loge du Gabon avant l’élection

Logo LBV
La Rédaction LBV.ga
9 mars 202620:01
La GLG traverse des tensions internes et des défis financiers à l’approche de l’élection du grand maître, avec Tsanga potentiellement reconduit malgré les frictions.

La Grande Loge du Gabon (GLG) est engagée dans une période de tensions internes à l’approche de l’élection du grand maître, prévue en fin d’année. Selon Africa Intelligence, l’obédience maçonnique, historiquement influente dans les sphères politiques et économiques gabonaises, traverse des frictions liées à sa gouvernance et à sa situation financière. Jacques-Denis Tsanga, grand maître et gouverneur du Haut-Ogooué, est donné comme le candidat en principe reconduit pour un second mandat de trois ans lors de cette échéance. Les statuts de la GLG lui permettraient même de structurer un collège électoral favorable, validé par le Conseil des Anciens.

Cependant, le climat interne se dégrade progressivement. Plusieurs membres remettent en cause la gestion depuis 2023, période marquée par la reprise en main de l’organisation par Jacques-Denis Tsanga après des années où l’ancien président Ali Bongo assurait la direction de manière plus distante pour des raisons sanitaires.

Sur le plan organisationnel, le grand maître aurait engagé une série de réformes destinées à réorganiser l’obédience: suppression de certains concordats et rites parallèles, et prononciation de suspensions à l’encontre de plusieurs membres, autant de décisions qui nourrissent un malaise au sein de la fraternité. Un épisode illustre ce climat: lors d’un hommage en février à l’ancien ministre et haut fonctionnaire Emmanuel Ondo Methogo, plusieurs membres se seraient présentés sans leur tenue rituelle, et les quatre maîtres de province ont été rappelés à l’ordre par la direction.

Plus marquante encore est la radiation de Rodrigue Ekomi Ndoume à la fin de 2025, sanction rare qui lui interdit l’accès aux loges étrangères. Cette décision est motivée par des propos jugés déplacés à l’encontre du grand maître devant des délégations étrangères et a laissé des traces sensibles au sein de l’obédience.

Sur le volet interne, le grand secrétaire Francis Codjie voit son influence croître, notamment après le décès du grand garde des sceaux Christian Minko Mi Etoua, dont le poste reste à pourvoir. Parallèlement, des difficultés financières viennent s’ajouter à ces tensions: Africa Intelligence évoque une diminution du soutien financier dont bénéficiait l’obédience lorsque Ali Bongo était à la tête du pays, alors que le président actuel Brice Clotaire Oligui Nguema serait moins impliqué dans les questions maçonniques.

Face à ce double enjeu, la GLG chercherait désormais de nouvelles sources de revenus. Un projet de construction de boutiques autour de son siège à Libreville serait envisagé pour générer des recettes locatives, même si les détails opérationnels restent peu connus des membres.

Dans les coulisses, des enquêtes et des calculs d’influence s’activent. Lin Mombo, ancien pro-grand maître sous Ali Bongo et époux de l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle Marie-Madeleine Mborantsuo, tenterait de regagner de l’influence en recueillant les doléances des membres les plus critiques, selon Africa Intelligence. À quelques mois du scrutin interne, ces rivalités et les contraintes financières pourraient peser sur l’équilibre de l’obédience, longtemps restée discrète mais influente dans les cercles du pouvoir.

Dans ce contexte, l’élection du grand maître à la fin de l’année demeure un test pour la GLG: elle devra compenser l’érosion du soutien public et clarifier sa gouvernance, tout en gérant des tensions internes qui pourraient peser sur sa capacité à influencer les décisions sensibles du pays.

👁 0 lectures
Partager :

Poursuivre la lecture