Dans un contexte où la lutte contre la chasse illégale et la préservation de la biodiversité constituent des priorités du gouvernement, le Gabon annonce une réforme de la filière gibier. Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, présente des mesures destinées à renforcer le contrôle et la traçabilité, notamment par l’identification de chasseurs agréés et par la délivrance de permis de port d’armes assortis d’exigences sanitaires strictes.
« Nous allons autoriser la filière viande de brousse avec des exigences sur le plan sanitaire, afin de prévenir les risques de zoonoses ou d’autres crises comme la COVID-19 », a déclaré le ministre, insistant sur la nécessaire conciliation entre les pratiques traditionnelles et les exigences de conservation.
La mise en œuvre de ce dispositif s’effectuera en étroite collaboration avec le ministère de l’Intérieur, responsable de la délivrance des autorisations de port d’armes. Un projet pilote est prévu pour Koulamoutou, ville retenue comme terrain d’expérimentation.
Dans le cadre de ce système, les chasseurs agréés devront déposer leurs gibiers dans un centre répondant aux normes de conservation et de contrôle sanitaire, garantissant une traçabilité complète du produit, allant du chasseur au point de vente. Cette traçabilité est présentée comme un outil essentiel pour lutter contre le braconnage et structurer une activité économique susceptible de générer des revenus pour les communautés rurales.
Le ministre rappelle par ailleurs que certaines espèces resteront strictement protégées et que leur chasse restera prohibée. L’objectif global est de « réguler la chasse tout en promouvant une gestion durable de la faune », afin de soutenir l’équilibre des écosystèmes gabonais et les revenus locaux.




