Ntoutoume Ayi appelle le Parlement à enquêter sur la période Bongo
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Ntoutoume Ayi appelle le Parlement à enquêter sur la période Bongo

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La Rédaction LBV.ga
5 mars 202617:11
Un député saisi appelle à une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de l’État de 2018 à 2023, inédit par son ampleur et son objectif de mémoire.

Le député d’Akanda, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, a officiellement saisi, ce jeudi 5 mars 2026, le président de l’Assemblée nationale d’une demande de création d’une commission d’enquête parlementaire portant sur le fonctionnement de l’État gabonais à compter de novembre 2018, date à laquelle la Cour constitutionnelle avait officiellement acté l’indisponibilité temporaire du président de la République, Ali Bongo Ondimba.

La démarche s’inscrit dans le sillage des procès de la Cour criminelle spécialisée de novembre 2025, concernant Sylvia et Noureddin Bongo et leurs coaccusés dans l’affaire dite de la « Young Team ». À l’issue des audiences, le parquet a rappelé l’existence d’un système exerçant une influence déterminante au sommet de l’État et affirmé que « l’argent du peuple a été pris, recyclé, blanchi, et réinvesti dans un luxe déconnecté ». Ntoutoume Ayi ne cherche pas à rouvrir le procès ni à remettre en cause la chose jugée. Sa démarche vise, selon lui, à dépasser le cadre pénal pour reconstruitre la chaîne de décisions étatiques, identifier les lacunes institutionnelles et évaluer l’impact financier des actes posés entre 2018 et 2023.

Dans sa lettre, il formule clairement l’objectif : « Que s’est-il réellement passé ? Quels organes ou mécanismes de contrôle ont failli ? » et insiste sur une nécessité démocratique et historique : « C’est à ces questions que chaque Gabonais se pose qu’il importe que des réponses soient apportées. »

La philosophie politique qu’il défend est limpide : « Les nations ne se construisent pas sur l’amnésie volontaire ou l’oubli, mais sur la mémoire commune et la vérité en partage. » Il appelle la 14e législature à faire émerger, au bénéfice du peuple gabonais, la vérité sur une période trouble afin de renforcer l’État de droit et restaurer la confiance dans les institutions de la République.

Le mandat de la commission, s’il venait à être mis en place, serait structuré autour d’un programme en cinq actes soigneusement défini par Ntoutoume Ayi lui‑même. Il s’agirait d’abord d’« analyser les conditions dans lesquelles certaines prérogatives propres au président de la République ont été exercées », puis d’« identifier les lacunes juridiques et les incohérences institutionnelles mises au jour par cette séquence historique ». Suivra ensuite une « évaluation de l’impact économique et de l’incidence financière des décisions prises durant la période considérée », un volet qui prendrait en compte les chiffres avancés autour de l’affaire Young Team, notamment les estimations évoquées de quelque 4,917 milliards de FCFA détournés par les seuls Sylvia et Noureddin Bongo. Le quatrième volet viserait à « reconstituer les circuits administratifs et financiers ayant facilité le décaissement irrégulier de fonds publics », et le cinquième conduirait à des « recommandations visant le renforcement des instruments de contrôle ». Autant d’actes destinés à disséquer, sans passion mais sans complaisance, cinq années de gouvernance jugées sous perfusion.

« Nous le devons à nos enfants, nos petits‑enfants et au Gabon éternel », conclut Ntoutoume Ayi, dont l’initiative est présentée comme une injonction à la lucidité collective. Le Bureau de l’Assemblée nationale est désormais saisi et la suite dépendra de la réaction de l’institution parlementaire face à cette demande de mémoire et de réforme.

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