Libreville – Le Gabon se prépare à accueillir un forum citoyen dédié à la régulation des réseaux sociaux, annoncé par le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, lors de sa conférence de presse du dimanche 8 mars.
Selon le ministre, l’objectif principal est de définir des mécanismes de modération ancrés dans les valeurs ancestrales gabonaises de respect, de dignité, du vivre-ensemble et de cohésion sociale, allant au-delà d’un cadre purement normatif.
Dans cette logique, le gouvernement prévoit d’entendre toutes les parties prenantes, y compris les citoyens et les géants du numérique (GAFAM). « La deuxième démarche, c’est de réunir un forum citoyen pour entendre tout le monde, discuter avec tout le monde, définir des objectifs précis concernant la gestion des réseaux sociaux au Gabon et recevoir aussi les GAFAM », déclare le ministre.
Une rencontre avec TikTok est programmée d’ici le 16 mars, sur la base d’un cahier des charges strict destiné à éviter les dérives observées par le passé, telles que le dénigrement, les messages de haine, la désinformation ou le tribalisme.
Germain Biahodjow rappelle que le gouvernement continue d’appuyer la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC), tout en précisant que cette suspension est une mesure conservatoire. « Le gouvernement a soutenu ouvertement et fermement la décision de la HAC », affirme-t-il, ajoutant que des avancées législatives sont en cours avec la révision du Code de la communication et l’adoption prochaine d’une ordonnance spécifique sur la régulation des réseaux sociaux, ces textes devant être soumis au Parlement pour examen et adoption.
Sur le plan socio‑économique, le ministre assure que l’État prend en compte les impacts de la mesure, tout en cherchant à préserver la paix et la dignité. « Le gouvernement n’est pas insensible aux répercussions, mais nous prenons le temps de structurer la démarche qui pourrait permettre au chef de l’État de lever la suspension. Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter : nous n’avons pas suspendu l’Internet ; nous avons suspendu l’usage des réseaux sociaux », rappelle-t-il, notant que certains réseaux fonctionnent partiellement et que le gouvernement demeure attentif à protéger notamment les enfants.
Le séminaire vise donc à garantir la paix, le respect des institutions et la protection des enfants, cibles des dérives en ligne, et cette exigence conditionne la perspective de levée de la suspension.




