Selon les dernières estimations de la Banque mondiale, le Gabon devrait afficher une croissance de 3,7% du PIB en 2026, se plaçant parmi les économies les plus dynamiques de la CEMAC et se comparant au Cameroun et au Tchad.
Cette trajectoire repose sur un rééquilibrage progressif de l’économie nationale. La diminution de la production pétrolière dans des champs arrivés à maturité pourrait être partiellement compensée par l’émergence d’autres secteurs, notamment l’exploitation du bois, le manganèse, l’huile de palme et le caoutchouc.
Le secteur minier est aussi promis à un développement notable avec le démarrage récent de l’exploitation du minerai de fer de Belinga et l’ouverture anticipée de nouveaux gisements à partir de 2026. Ces initiatives s’accompagnent d’importants projets de construction et d’un essor progressif des services, présentés comme des leviers cruciaux pour la diversification de l’économie gabonaise.
Cependant, cette évolution positive ne suffira pas à pallier certaines fragilités structurelles. La diminution continue des recettes pétrolières, combinée à un niveau élevé de dépenses publiques, pourrait maintenir le déficit budgétaire autour de 4,6% du PIB à l’horizon 2026-2027.
Sur le terrain, le sentiment de pression sur le pouvoir d’achat se renforce: les coûts des produits alimentaires, des loyers, des transports et de divers services essentiels continuent d’augmenter, renforçant l’impression d’une vie de plus en plus chère.
Dans ce contexte, la croissance annoncée apparaît comme un chiffre qui doit encore se traduire par des améliorations tangibles du quotidien, alimentant le débat sur la redistribution des bénéfices de l’activité économique au Gabon.




