Libreville – La Cour des comptes a rendu, ce vendredi 13 mars, un hommage solennel à François de Paule Anthony Adiwa, ancien président de l’institution et figure emblématique de la justice financière gabonaise, décédé le 28 janvier à Paris. La cérémonie, tenue au siège de l’institution, a réuni de hautes personnalités dont Marie-Madeleine Mborantsuo, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, Gilbert Ngoulakia, ex-président de la Cour des comptes, et Murielle Minkoue Mezui-Mintsa Mi-Owono, Secrétaire générale de la présidence de la République.
Né le 26 octobre 1958, Adiwa a dirigé la Cour des comptes entre 1986 et 1992. L’événement a permis de mettre en lumière une trajectoire consacrée à la défense du droit et de la démocratie, et à la rigueur dans la gestion des finances publiques, jusqu’à son décès survenu à Paris.
Un juge financier de très haut vol, c’est ainsi que l’actuel Premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, a décrit Adiwa lors de son allocution, soulignant son rôle de « gardien des comptes », de « sentinelle des finances » et de « veilleur constitutionnel ». Le représentant de la famille a évoqué, au passage, leur dernier échange au Conseil national de la comptabilité, où Adiwa s’était montré très préoccupé par la mission nouvelle de la Cour des comptes, notamment celle liée à la certification des comptes d’État. Moutsiangou a insisté sur son rôle de passeur, estimant que la justice constitue une maison de tradition et qu’Adiwa a transmis les valeurs qui fondent l’institution.
Une carrière guidée par l’exigence et le mentorat a rappelé Marie-Madeleine Mborantsuo, évoquant les origines communes qui l’unissaient au défunt et retraçant son recrutement à l’Institut de l’économie et des finances, destiné à faire émerger les tout premiers juges spécialisés dans le contrôle des finances publiques. Elle a salué une carrière marquée par compétence, efficacité et perspicacité, et a insisté sur son rôle de mentor auprès des centaines de juges financiers qui composent aujourd’hui les rangs de la Cour des comptes du Gabon.
René Aboghe Ella, ancien président de la Cour des comptes et ex-patron de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap), a lui aussi pris la parole pour livrer des souvenirs personnels. Il a évoqué les qualités de rigueur et d’éthique de l’homme et a insisté sur l’héritage professionnel immense qu’il laisse. Selon lui, la reconnaissance moderne de la Cour des comptes dans le domaine de la gestion des finances publiques est largement tributaire des efforts menés sous la houlette d’Adiwa.
La cérémonie a aussi mis en lumière l’évolution et l’ancrage du savoir-faire transmis par Adiwa. Les intervenants ont souligné que, entre les promotions 1998 et 2012-2013, il avait formé des générations de magistrats et contribué à fixer les standards d’exigence et de qualité qui guident aujourd’hui l’institution. Son départ laisse un vide, mais son héritage demeure au cœur des pratiques et des valeurs qui fondent la Cour des comptes gabonaise.
Si les hommages ont été unanimes sur l’importance du parcours d’Adiwa, ils ont aussi rappelé l’esprit de service public qui l’animait. Son engagement à défendre les principes de justice financière et à veiller au bon uso des finances publiques demeure un exemple pour les acteurs de la Cour des comptes et pour l’action publique au Gabon.




