Fonds RES : levier de stabilité macroéconomique au Gabon
Économie5 min de lecture

Fonds RES : levier de stabilité macroéconomique au Gabon

Logo LBV
La Rédaction LBV.ga
31 janvier 202616:54
Nicaise Moulombi détaille l'opérationnalisation et le rapatriement des Fonds RES pour renforcer réserves, réhabilitation et croissance verte du Gabon.

Nicaise Moulombi estime que les Fonds RES doivent devenir un pilier de la stabilité macroéconomique du Gabon. Dans ses interventions publiques récentes et une tribune publiée en 2024, le membre du Conseil économique et social et leader du Réseau des organisations de la société civile pour l’économie verte en Afrique centrale a articulé une série de propositions visant à transformer ces fonds de réhabilitation des sites extractifs en instruments de résilience financière et de transition écologique.

En ce début d'année 2026, le contexte institutionnel gabonais montre une volonté d'affirmer la souveraineté sur les ressources naturelles. Le projet de société porté par le chef de l’État a récemment inscrit la transformation de la gouvernance et des institutions au cœur de l’action publique et rappelé le principe de souveraineté permanente des peuples sur leurs ressources, tel que consacré par la résolution 1803 de l’Assemblée générale des Nations unies. Concrètement, l’État a inscrit les métaux précieux au budget national, publié l’intégralité des conventions minières signées entre 2010 et 2024 et annoncé des mesures sectorielles, parmi lesquelles une interdiction programmée de l’exportation du manganèse brut à compter de 2029.

Sur le plan des Fonds de réhabilitation des sites (Fonds RES), la problématique principale identifiée par Moulombi et des observateurs de la zone CEMAC est la domiciliation et le rapatriement des avoirs. Les estimations communiquées au niveau régional situent ces fonds entre 3 000 et 6 000 milliards FCFA pour l’ensemble des pays membres, mais ces ressources demeurent majoritairement détenues dans des établissements bancaires internationaux.

Le Sommet Extraordinaire des Chefs d’État de la CEMAC du 22 janvier 2026 à Brazzaville a évoqué le cadrage du rapatriement des Fonds RES pour les sites pétroliers. Moulombi a préconisé d'étendre explicitement ce cadrage aux sites miniers et de formaliser les modalités opérationnelles, soulignant que l’issue de ces négociations conditionne la capacité des États à utiliser ces avoirs pour accroître les réserves de change et financer la réhabilitation des sites extractifs.

Les propositions détaillées soumises par Moulombi et son réseau visent d'abord à finaliser la mise en place d'un cadre national de coordination, de pilotage, de suivi et d’évaluation dédié aux Fonds RES. Ce cadre inclut la poursuite des négociations avec les entreprises extractives en vue de la domiciliation des Fonds RES à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), ainsi que l’élaboration d’un processus transparent et juridiquement sécurisé de rapatriement des fonds détenus à l’étranger.

Les enjeux juridiques et opérationnels demeurent importants. Si les lois gabonaises sur les hydrocarbures et le secteur minier prévoient des obligations de constitution de provisions pour la réhabilitation des sites, l’applicabilité effective de ces textes s’est révélée inégale. Moulombi a mis en évidence la nécessité d’un suivi renforcé, d’audits indépendants et d’une harmonisation des pratiques contractuelles pour éviter les litiges qui retardent la mise à disposition des fonds.

Sur le plan macroéconomique, le rapatriement et la domiciliation des Fonds RES à la BEAC présentent deux effets concomitants identifiés par les acteurs : l’accroissement des réserves de change de la zone CEMAC, utile pour la stabilité monétaire et la confiance des bailleurs, et la mobilisation de ressources additionnelles pour le financement des projets nationaux, notamment la réhabilitation environnementale et des investissements liés à une croissance verte.

Moulombi insiste aussi sur l’intégration de ces ressources dans une stratégie plus large de transition énergétique et de croissance verte. Il demande la formalisation d’une stratégie nationale de transition énergétique et l’opérationnalisation du nouveau pacte environnemental du Gabon, afin que les Fonds RES soutiennent des chantiers conformes aux objectifs de réduction des impacts environnementaux et de développement durable.

Les autorités de transition avaient déjà annoncé des orientations pour diversifier l’économie, en misant notamment sur l’exploitation durable des ressources forestières et minières. Selon les textes et communiqués disponibles, la combinaison d’un renforcement de la gouvernance, d’un encadrement contractuel plus strict et du rapatriement des Fonds RES constitue un levier jugé stratégique pour relancer la croissance et assainir les finances publiques.

Les risques identifiés par les experts incluent des délais de rapatriement liés à des clauses contractuelles internationales, des résistances possibles de certains acteurs économiques et financiers, ainsi que la nécessité d’instituer des mécanismes de transparence pour garantir l’utilisation exclusive des ressources à des fins de réhabilitation et de développement durable. Les recommandations formulées par les organisations de la société civile proposent des audits réguliers, des comités de suivi multi-acteurs et la publication des flux financiers liés aux Fonds RES.

En synthèse, le dossier des Fonds RES se présente comme un point de convergence entre souveraineté économique, stabilité macroéconomique et transition écologique. Les décisions prises lors du sommet de la CEMAC et les propositions techniques portées par Nicaise Moulombi et son réseau ont placé la domiciliation à la BEAC, le cadrage juridique du rapatriement et l’intégration des fonds dans une stratégie verte au centre du débat public gabonais en ce début d'année 2026.

👁 1 lectures
Partager :

Poursuivre la lecture