Depuis janvier 2026, le Gabon est témoin de la persistance de la gabegie et du népotisme, deux fléaux qui continuent d'affecter profondément la gouvernance du pays. Bien que les Gabonais espéraient un changement radical après le coup d'État de Brice Oligui Nguema, l'installation d'un nouveau gouvernement a rapidement soulevé des interrogations quant à la véritable volonté de rupture avec les pratiques anciennes.
La nouvelle équipe, nommée début 2026, compte 31 membres, dont plusieurs figures associées à l'ancien régime. Cette reconstitution de l'exécutif a généré des craintes d'une continuité des méthodes controversées ayant longtemps caractérisé les administrations précédentes. Les observations des analystes signalent que la résistance au changement est non seulement liée à la présence de ces anciennes personnalités, mais aussi à la résurgence de malversations financières qui avaient été pointées du doigt durant les mandats des Bongo.
En effet, plusieurs rapports et témoignages recueillis sur le terrain évoquent le retour de pratiques douteuses, allant des détournements de fonds publics aux actes de corruption. Jonathan Ndoutoume Ngom, enseignant en géopolitique et ancien ministre, mentionne que l'insécurité et les crimes rituels, longtemps maltraités dans le discours public, continuent d'affecter la population sans réelle réponse de l'État. Ce regain d'activités illicites se produit dans un contexte où les attentes de réforme se heurtent à la réalité d’une administration parfois défaillante dans son rôle de régulateur.
Les promesses d'un changement tangible s'effacent face à cette continuité qui semble s'installer, alimentée par la lassitude des citoyens envers un système qu'ils jugent non seulement inefficace mais aussi profondément enraciné dans des pratiques néfastes. La communauté internationale, qui avait émis des réserves sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques lors de la transition politique, observe avec attention l’évolution de cette situation. Ce climat d’incertitude représente un enjeu majeur non seulement pour la stabilité interne du Gabon, mais également pour sa réputation sur la scène internationale.
