Depuis le 12 janvier 2026, les activités des Sucreries du Gabon, localisées dans le Haut-Ogooué, sont suspendues à la suite d'un mouvement de grève causé par le non-paiement de deux mois de salaires. Les grévistes, immobilisant les bus de transport du personnel ainsi que les véhicules de chantier, expriment leur détresse face à une situation de précarité croissante. Dans une vidéo devenue virale, un employé explique : « La grève continue. Les Sucreries ne veulent pas payer les gens. Nous travaillons 'en bon' depuis deux mois, on n’en peut plus. Les familles souffrent, les enfants meurent à l’hôpital, on meurt de faim, les congélateurs sont vides. »
Cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par les employés de l'entreprise, qui font face à des conditions de travail pénibles. Le mouvement de grève survient dans un contexte marqué par une accumulation de revendications sociales, mettant une pression supplémentaire sur les autorités locales et la direction. En effet, les retards de paiement sont d'autant plus paroxystiques quand ils concernent une main-d'œuvre déjà éprouvée par des tâches ardues.
Les Sucreries du Gabon, autrefois contrôlées par la société française SUCAF, se trouvent désormais sous la direction du groupe turc MFB depuis avril 2024. Malgré une légère hausse de 0,5% de leur chiffre d'affaires en 2024, leur production de sucre a connu une chute significative de 21,2%, atteignant 14 640 tonnes. Cette performance a été qualifiée de stable, mais la rentabilité a été altérée par un repli notoire de l'activité productive.
Les grévistes font ainsi face à une décision difficile d'interrompre leur travail, dans l'espoir d'obtenir des engagements concrets de la part de leurs employeurs. Les discussions entre les syndicats et la direction sont essentielles pour parvenir à un accord qui pourrait mettre fin à cette situation critique. Ce manque de rémunération souligne non seulement la fragilité économique des travailleurs, mais également les défis structurels liés à la gestion de cette entreprise, à un moment où le Gabon prévoit de relancer sa campagne sucrière 2025/2026 avec un objectif ambitieux de production de 25 000 tonnes de sucre.
