Depuis janvier 2026, la décision du ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, d'appliquer un décret fondé sur une loi organique abrogée depuis le 15 juin 2015 soulève des préoccupations substantielles quant à sa compréhension du cadre juridique en vigueur. En s'appuyant sur un texte révolu, le ministre a manifesté une erreur juridique manifeste qui pourrait avoir des conséquences significatives pour la décentralisation au sein des collectivités locales.
La loi organique n°001/2014, qui remplace expressément les dispositions antérieures, stipule que l'abrogation d'une loi entraîne la disparition de tous les textes d'application. Toutefois, le ministre a choisi de fonder une instruction officielle sur une législation qui n’a plus cours, enfreignant ainsi le principe de légalité. Cela pose des questions sur sa capacité à garantir la légalité administrative, un rôle que son poste implique. En conséquence, le cadre normatif qui régit la décentralisation semble s'effriter, laissant les collectivités locales sans les précisions juridiques nécessaires à leur fonctionnement.
Les obligations imposées par la loi organique de 2015, dont la soumission annuelle à un rapport sur la mise en œuvre de la décentralisation et l'adoption des textes d'application dans un délai précis, restent largement inobservées depuis près de onze ans. La situation actuelle indique non seulement un manquement à ces obligations, mais également une résurgence d'un cadre juridique périmé, ce qui accentue la défaillance du processus de décentralisation. En ce sens, la décision du ministre s'analyse non seulement comme un défaut de compréhension du droit, mais également comme un obstacle à l'État de droit, tant pour les institutions que pour les citoyens.
Il est pertinent de rappeler que lors de précédentes déclarations, Adrien Nguema Mba a également tenu des propos qui ont suscité l'incompréhension, notamment sur le rôle des archéologues au Gabon, illustrant une certaine tendance à des interprétations erronées des enjeux culturels et administratifs du pays. Ces éléments contribuent à dessiner un tableau préoccupant de la gouvernance actuelle au Gabon, où le respect du droit et des normes administratives semble compromis par une application défaillante de la législation.
